
Je suis également là, la première huitaine, en train d'essayer de comprendre comment le grand gaillard métissé à l'allure d'un mandchourien qui n'a que 25 ans arrive à demeurer aussi immobile. Mon derrière peine à trouver son assise sur les variations dans la disposition des coussins que j'imiterai jusqu'à comprendre que motarde et cowgirl, je dois chevaucher ce...suzu...non...gomazio...nonaah gomden.
Le jargon shambhalien comme la familiarisation avec l'iconographie, les moeurs "uplifted"ou bien, les dignités animales (un tigre doux un Lion enjoué un aigle déjanté et un dragon inscrutable) dont les caractéristiques ne sont pas ce que NOUS avons en tête; ces chants qui invoquent la protection par des créatures sympathiquement horrifiques ou qui exhortent la longue vie à la lignée, ces onomatopées qui servent à relier les humains aux autres mondes moins visibles et qui datent des traditions Bön avant les 2500 ans du bhouddisme et du christianisme.
Je suis plus participante qu'observatrice et ca me surprend et me ravit de pouvoir faire preuve d'esprit du débutant. D'ailleurs je ne résiste à rien de ce qu'on me transmet, a aucun des participants ni à aucune coutume ou tâche assigneé. Je me suis plongée dans la marmite en refusant de faire trop de rota cuisine ainsi l'apprentissage est "professionnel" aussi en ce sens que je serai formée à exercer la fonction, pendant un séminaire ou une retraite, de Maîtresse des cérémonies alimentaires. C'aurait été un gros défi sans l'Oryoki aussi car manger en cafétéria avec les cochonnets et les aspirateurs et toute quantité de mauvaises manières aurait sérieusement affecté ma paix. C'aurait également été un gros défi si je n'avais pas écouté une guidance de dernière instance qui m'avait chuchoté que j'avais l'option de ne pas camper dans la salle de méditation et qui m'avait poussé à demander si un dortoir, préférablement dans Barnet afin que je puisse marcher tous les jours, était disponible. Une annulation venait de survenir et j'ai demeuré dans une maison commune en grande partie silencieuse toute seule dans une chambre de 3 où j'ai pu faire Yoga, me réveiller et lire en pleine nuit etc Avoir un refuge y aller à pied la nuit et à l'aube en méditant déjà a valu les coûts supplémentaires d'où ces images.
J'ai été guidée vers ce contenant parfait pour m'endeuiller aussi-en ne résistant pas en demeurant ouverte et en jouant le jeu à 150% mes grosses larmes se sont épanchées au début et étrangement quand je braillais mon corps qui cherchait encore, à ce moment là, à comprendre comment s'asseoir comme une montagne, devenait plus spacieux. Fait amusant, au début quand je suivais mon expire et que j'essayais de me dire Breath in Breath out, la voix dans ma tête chantonnait Get in Get out...ce qui m'a amenée à devoir regarder les questions d'allégeance car lorsque l'on est nomade, tant spirituel qu'intellectuel que géographique, partir n'est jamais un problème-c'est rester qui l'est toujours.
J'ai donc en quelques jours entre le moment où mon Instructrice de méditation attitrée m'a demandé si j'avais l'intention de faire voeu de refuge dans le bhoudda le Dharma & la Sangha car j'avais bel et bien déjà indiqué Pourquoi pas en réponse à cette question dans mon formulaire électronique d'inscription. Etrangement, ces jours de décision se sont déroulés entre la première et la troisième semaine pendant lesquelles j'ai consulté, lu et noté et me suis finalement rendu à l'évidence
parce que le bhouddisme tibétain n'est ni culte ni religion ni dogme parce que les participants les organisateurs les enseignants le personnel étaient géniaux pour montrer de quoi il s'agit lorsque l'on parle de société éclairée qu'ils venaient de partout tant par leurs parcours que leurs spécificités; que le lieu ou je me trouvais est la sourc nord américaine où reposent les ossements de CTRinpoché et que j'y ressens la présences des drala, d'ailleurs ce lenticulaire dont l'iridescence n'a duré que quelques minutes afin que je vous les montre... qu'on y dispense, à un niveau de séminaires universitaires, des enseignements concis que nous mettons immédiatement et continuellement en pratique pour que nous entraînions nos esprits à vivre et penser sans doutes ni peurs et à trouver la faille ou se tapit en long et en large et à jamais depuis toujours la paix. Je pense que je pourrai approfondir pour le reste de ma vie avec d'autres dont la tête et les épaules sont préoccupés par la Bonté fondamentale et l'élargissement des esprits ainsi que ma quête se termine par TROUVER. Je vais encore explorer cela tout à l'heure mais en français à Mtl car aujourd'hui c'est le nouvel an Tibétain.

